La Capoeira
Histoire, culture, danses, mouvements et lexique — pour découvrir la capoeira, ou l’approfondir.
Histoire & roda Instruments Danses Grades Mouvements Lexique
Art martial • Danse • Musique
Qu’est-ce que la Capoeira ?
La capoeira est un art martial afro-brésilien, né de la rencontre forcée des cultures africaines sur le territoire du Brésil pendant trois siècles d’esclavage. Sous une forme dansée, chantée et inoffensive aux yeux des maîtres, ce rituel était une véritable préparation au combat — celui des plus faibles contre les plus forts.
Le capoeiriste est à la fois athlète, danseur, acrobate, farceur, comédien et musicien. Les pieds sont très largement mis à contribution, mais aussi les mains, la tête, les genoux et les coudes ; les joueurs évoluent debout, renversés, à quatre pattes ou allongés, à différentes vitesses, portés par les instruments, les chants et les frappes de mains de la roda.
Longtemps interdite, même après l’abolition de l’esclavage, la capoeira n’est autorisée au Brésil qu’en 1937. Elle est aujourd’hui enseignée dans les écoles, les universités, les ateliers de théâtre et de danse, les écoles de cirque et les clubs de sport du monde entier. Elle est l’art de lutter dans la danse et de danser dans la lutte. Enfin, elle est un jeu.

Le saviez-vous ?
La capoeira est l’une des pratiques sportives les plus répandues au Brésil — souvent citée comme la deuxième après le football, avec plusieurs millions de pratiquants. Partie des rues de Salvador et de Rio, elle est aujourd’hui enseignée dans plus de 150 pays, sur les cinq continents, et sur les cinq continents. Le Brésil l’a inscrite à son patrimoine culturel en 2008, et la roda de capoeira figure depuis 2014 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.
Pour aller plus loin
Histoire, roda, batizado…
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Histoire de la Capoeira
Des quilombos à l’UNESCO : la naissance clandestine de la capoeira, Mestre Bimba et la Regional, Mestre Pastinha et l’Angola.
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La Roda, le cœur du jeu
Le cercle où tout se joue : le rôle du berimbau gunga, l’ordre des instruments, les chants et le rituel d’ouverture.
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Le Batizado et la Troca de Cordão
Baptême, passage de grade et apelido : la grande fête qui marque la progression du capoeiriste.
Orchestre de la roda
Les instruments
Le berimbau commande, l’atabaque ancre, le pandeiro fait respirer, l’agogô et le reco-reco colorent. Rythmes, légende des frappes et audios : Instruments & rythmes.
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Berimbau
Arc musical à une corde, l’instrument principal de la roda : c’est lui qui commande le jeu.
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Atabaque
Tambour conique afro-brésilien à peau tendue, qui ancre le rythme de la roda dans ses racines africaines.
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Pandeiro
Tambourin brésilien à cymbalettes : il apporte douceur et continuité à la roda.
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Agogô
Double cloche métallique d’origine africaine, qui apporte clarté rythmique et couleur sonore.
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Reco-reco
Racleur d’accompagnement au son granuleux, qui enrichit la trame rythmique de la roda.
Autour de la capoeira
Les danses associées
Maculelê, samba de roda, puxada de rede : les danses que l’on apprend au club et que l’on montre aux batizados.
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Maculelê
Danse guerrière rythmée à l’atabaque, où les joueurs s’affrontent en frappant deux bâtons.
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Samba de Roda (danse)
Danse libre et festive de fin de roda, où chacun entre danser au centre du cercle.
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Puxada de rede
Danse-théâtre qui met en scène la pêche du xaréu par les pêcheurs noirs de Bahia.
Cordes et graduation
Les grades
Dans le Grupo Capoeira Brasil, la progression se lit à la couleur de la corde nouée à la taille. Elle se reçoit lors du batizado et se change à la troca de cordão.
Trois échelles selon l’âge : enfants jusqu’à 9 ans, juvéniles de 10 à 16 ans, adultes à partir de 17 ans. Toutes partent de la corde écrue, celle de l’innocence, et avancent par demi-teintes : écrue et jaune, jaune, écrue et orange, orange, bleu et rouge…
Chez les adultes, la corde bleue et rouge marque le premier titre, graduado ; viennent ensuite instrutor (vert), professor (pourpre), formando et contramestre (marron), puis formado et mestre (noir). Le passage de grade ne récompense pas seulement la technique : il tient compte de l’assiduité, de la musique et du chant, de la motivation et de la présence aux stages et aux spectacles.
Planche « Système de graduation du Grupo Capoeira Brasil » — Mestre Claudio Basilio. Cliquez pour l’agrandir.
Le geste
Les mouvements
Quatre familles : les déplacements qui font vivre le jeu, les esquives qui protègent, les coups d’attaque qui donnent le rythme, et les floreios, ces fioritures acrobatiques qui embellissent la roda. Chaque fiche décrit le geste, son usage et ses variantes.
Déplacements
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Ginga
Le « balancement » : le pas de base d’où partent et où reviennent tous les mouvements de la capoeira.
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Rolê
Le « roulé » : déplacement au sol qui permet de changer de côté sans se relever et sans quitter le partenaire des yeux.
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Troca
L’« échange » : le petit changement de jambe qui permet de passer d’une negativa à l’autre sans se relever.
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Queda de rins
La « chute sur les reins » : position d’équilibre bas, en appui sur un coude enfoncé dans le flanc, qui relie l’aú, la negativa et de nombreux floreios.
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Bananeira
Le « bananier » : l’équilibre sur les mains, présent dans d’innombrables mouvements offensifs et défensifs.
Esquives
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Esquiva
L’« esquive » : la famille de mouvements qui consiste à sortir de la ligne du coup en s’abaissant, sans jamais bloquer.
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Cocorinha
L’« accroupi » : on passe sous les coups circulaires en s’accroupissant, un bras au-dessus de la tête.
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Negativa
La « négative » : la position basse fondamentale, une jambe pliée et l’autre tendue au ras du sol, d’où l’on esquive, se déplace et balaie.
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Queda de três
La « chute à trois appuis » : l’esquive basse typique de la Capoeira Angola, accroupi sur les orteils avec une main derrière soi.
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Queda de quatro
La « chute à quatre appuis » : on recule sur les mains, jambes tendues devant soi, pour échapper à un partenaire trop proche.
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Escala
L’« échelle » : on se laisse tomber en arrière sur une jambe, prêt à rebondir vers l’avant.
Coups d’attaque
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Meia-lua de frente
La « demi-lune de face » : premier coup circulaire enseigné, la jambe tendue décrit un demi-cercle devant soi.
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Meia-lua de compasso
La « demi-lune du compas », ou rabo de arraia : le coup emblématique de la capoeira, mains au sol et talon lancé en demi-cercle.
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Armada
L’« armée » : le coup tournant debout standard, un pivot sur les talons puis la jambe arrière qui suit le corps.
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Queixada
La « mâchoire » : coup circulaire de l’intérieur vers l’extérieur, qui laisse en position miroir pour enchaîner.
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Bênção
La « bénédiction » : coup de pied poussé droit devant, avec la plante du pied, qui repousse le partenaire sans le blesser.
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Ponteira
La « pointe » : coup de pied frontal fouetté, plus rapide et plus imprévisible que la bênção.
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Martelo
Le « marteau » : coup de pied circulaire fouetté, rapide et direct, très présent en Regional.
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Chapa
La « plaque » (ou escorão, pisão) : coup de pied de côté poussé avec la plante du pied, le corps de profil.
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Gancho
Le « crochet » : la jambe passe devant la cible puis le talon revient en arrière pour frapper.
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Joelhada
Le « coup de genou » : généralement montré plutôt que donné, par exemple pour marquer la fin d’une projection.
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Cabeçada
Le « coup de tête » : la réponse traditionnelle aux aús, bananeiras et trépieds du partenaire.
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Rasteira
Le « balayage » : la façon la plus courante de faire tomber, en glissant le pied derrière la jambe d’appui du partenaire.
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Tesoura
Les « ciseaux » : projection où l’on piège la jambe du partenaire entre ses jambes et où on le fait basculer par levier.
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Vingativa
La « vengeresse » : contre par le poids et le levier, on place sa jambe derrière celle du partenaire et on le fait basculer.
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Cruz
La « croix » : contre élégant à une bênção ou une ponteira, on passe sous la jambe et on la piège sur le dos.
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Escorpião
Le « scorpion » (ou calcanheira) : depuis l’appui sur les mains, le talon frappe par-dessus comme la queue du scorpion.
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Chapéu de couro
Le « chapeau de cuir » : la rasteira entre en feinte, puis le martelo do chão fait le tour et monte haut.
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S-dobrado
Le « S plié » (ou escopado) : rolê sauté avec une meia-lua de compasso dedans, le corps dessine un S.
Floreios
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Aú
La roue de la capoeira : retraite rapide ou piège tendu au partenaire, toujours en gardant le contact visuel.
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Macaco
Le « singe » : saut de mains arrière depuis le sol, une main posée derrière soi, qui se termine en bananeira ou debout.
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Pião de cabeça
La « toupie de tête » : rotation sur la tête sans les mains, héritée du jeu au sol et popularisée par le breakdance.
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Relógio
L’« horloge » : la jambe fait le tour du cadran, balayage arrière sur une main ou évitement vers un pont bas.
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Mortal
Le « mortel » : le salto, belle manière d’entrer dans la roda, à n’apprendre qu’avec tapis et parade.
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Folha seca
La « feuille sèche » : salto arrière lancé sur une jambe, on retombe comme une feuille.
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Parafuso
La « vis » (ou martelo cruzado) : coup sauté double très haut, une armada suivie d’un martelo en l’air.
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Armada dupla
L’« armada double » (ou envergado, parafuso dupla) : coup rond haut, les deux jambes jointes en l’air.
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Raiz
La « racine » : comme un parafuso, mais le buste est parallèle au sol ou plus bas.
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Mariposa
Le « papillon » : vrille latérale de 360 degrés, le corps horizontal.
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Vôo do morcego
Le « vol de la chauve-souris » : coup de pied latéral sauté à deux jambes, les deux plantes vers le partenaire.
Cliquez sur un mouvement pour ouvrir sa fiche : description, conseils et dessin. Les noms varient d’un groupe à l’autre ; le professeur donne la forme juste.
Vocabulaire
Lexique de la capoeira
Les mots que l’on entend dans la roda et au cours — en portugais du Brésil. Les noms des mouvements sont dans les fiches ci-dessus.
La roda et le jeu
Roda
Le cercle formé par les capoeiristes et les musiciens ; au centre, deux joueurs. C’est aussi le nom de la séance elle-même.
Jogo
« Le jeu » : le dialogue à deux au centre de la roda — question, réponse, ruse.
Ginga
Le balancement de base, dont tout part et vers lequel tout revient.
Mandinga
La malice, la ruse, l’art de tromper le partenaire avec un sourire.
Floreio
Fioriture acrobatique qui embellit le jeu sans le gagner.
Malícia
La méfiance intelligente du joueur : rien n’est jamais ce qu’il paraît.
Bateria
L’orchestre de la roda : berimbaus, atabaque, pandeiros, agogô, reco-reco.
Toque
Rythme joué au berimbau, qui commande le type de jeu.
Ladainha
Chant d’ouverture, en solo, avant que la roda ne réponde.
Corrido / Chula
Chants de la roda : le soliste lance, le chœur répond.
Palmas
Les frappes de mains qui soutiennent le rythme.
Comprar o jogo
« Acheter le jeu » : entrer dans la roda pour remplacer un joueur.
Le groupe et les grades
Batizado
« Baptême » : la cérémonie où l’élève reçoit sa première corde et son apelido.
Troca de cordão
Le passage de grade, changement de corde.
Apelido
Le surnom de capoeira, hérité du temps où l’on cachait son vrai nom à la police.
Mestre
Le plus haut grade : enseignant, musicien, gardien de la tradition.
Contramestre / Professor / Instrutor
Les grades d’enseignement, du plus proche du mestre au plus récent.
Graduado
Premier grade reconnu : l’élève devenu gradé, avec ses responsabilités.
Aluno
L’élève.
Camará / Camarada
« Camarade » : le partenaire de jeu, le compagnon de capoeira.
Aulão
Grand cours ouvert à tous, souvent lors d’un stage ou d’un festival.
Axé
L’énergie positive : le mot qui encourage, remercie et salue.
Angola / Regional
Les deux grands styles : la tradition de Mestre Pastinha, la codification de Mestre Bimba.
Grupo
L’école, la famille de capoeira à laquelle on appartient — ici le Grupo Capoeira Brasil.
Prêt à vous lancer ?
L’essai est libre : venez en tenue de sport, sans inscription préalable. Trouvez votre club et venez découvrir la capoeira par vous-même.

