Étiquette : Débutant

  • Benguela

    Benguela

    Origine et usage

    Ce toque, écrit aussi Banguela, a lui aussi été créé par Mestre Bimba. On l’utilise en général en début de roda de Regional, ou pour calmer deux joueurs trop violents dans un jeu de São Bento Grande. Il est très pratiqué dans les groupes contemporains.

    Le rythme

    chi chi tom tim tim

    Partition du toque Benguela
    Légende des frappes de berimbau

    Légende : ⊗ chi (grésillement) · ○ tom (grave) · × tonsh · ● tim (aigu) · ○○○ dom dom dom (répété)

    Le jeu qui va avec

    Un jeu plus proche du sol et plus réfléchi que sous São Bento Grande, de vitesse moyenne, fluide et rapproché. Les coups ne sont jamais directs (pas de martelo ni de gancho) : on cherche à développer la malícia, avec des balayages (rasteira, banda) et des prises (vingativa, tesoura, queda).

  • Angola

    Angola

    Origine et usage

    Angola est le rythme de base de la Capoeira Angola, joué par le gunga. C’est un rythme lent, bien appuyé par les atabaques, qui porte en lui une sorte de mélancolie. Dans beaucoup de groupes, y compris Regional et contemporains, il sert aussi à ouvrir la roda : c’est sur ce toque que l’on chante la ladainha et la chula.

    Le rythme

    chi chi tom tim

    Partition du toque Angola
    Légende des frappes de berimbau

    Légende : ⊗ chi (grésillement) · ○ tom (grave) · × tonsh · ● tim (aigu) · ○○○ dom dom dom (répété)

    Le jeu qui va avec

    Un jeu qui se joue surtout au sol, assez fermé, sans acrobaties, où le talent du capoeiriste réside dans ce que les Brésiliens appellent la mandinga : sa ruse, sa malice, sa patience.

    Écouter

    Toque de Angola au berimbau, avec variations. Enregistrement d’Andrew Archibald (2004), domaine public, via Wikimedia Commons.
  • São Bento Grande

    São Bento Grande

    Origine et usage

    Ce toque bien connu de la capoeira Regional a été créé par Mestre Bimba ; on l’appelle aussi São Bento Grande de Bimba, pour le distinguer de son homonyme angoleiro. C’est le rythme des rodas « chaudes » : on le joue quand le tempo s’accélère ou quand le jeu devient agressif, mais aussi pour les démonstrations, les rodas de rue, les batizados et les autres événements. Il convient idéalement aux chants pleins d’énergie.

    Le rythme

    chi chi tom chi tim
    chi chi tom tom tim

    Le toque se joue sur deux mesures qui s’enchaînent.

    Partition du toque São Bento Grande
    Légende des frappes de berimbau

    Légende : ⊗ chi (grésillement) · ○ tom (grave) · × tonsh · ● tim (aigu) · ○○○ dom dom dom (répété)

    Le jeu qui va avec

    Un jeu rapide, viril et agile, ferme et décisif, où les coups sont forts et explosifs : coups hauts, coups sautés, acrobaties, jeu debout.

  • Comment le faire

    L’aú est la roue, mais avec une différence essentielle par rapport à la gymnastique : on garde le contact visuel avec le partenaire et l’on ne regarde jamais ses mains. Au début, on essaie de n’avoir qu’une main à la fois au sol. L’aú fechado, ou aú pequeno, avec les mains plus écartées, la tête près du sol et les genoux pliés, se travaille des hanches : moins spectaculaire, il est bien plus sûr et c’est celui à apprendre d’abord. Plus tard on ralentit, voire on s’arrête en bananeira.

    À quoi il sert dans le jeu

    Immensément important : l’aú est une retraite rapide, un déplacement, et un piège tendu au partenaire. Celui qui le fait doit toujours être prêt à recevoir une cabeçada ou une bênção.

    Conseils pour débuter

    Commencer par l’aú fechado, genoux pliés et tête basse, et le faire des deux côtés. Ne jamais quitter le partenaire des yeux.

    Variantes

    • Aú aberto : roue ouverte, jambes tendues.
    • Aú fechado (pequeno) : fermé, genoux pliés, tête près du sol.
    • Aú de cabeça : avec la tête au sol, depuis la negativa Angola.
    • Aú agulha : on saute des mains avant de reposer les pieds.
    • Aú com troca de pernas : les jambes échangent en l’air, on atterrit sur l’autre pied.
    • Aú cortado : roue inclinée, les jambes passent au-dessus de la tête.
    • Aú queda de rins : aú très bas, en appui sur le coude.
    • Aú esquisito : renversé, jambes pliées derrière.
    • Aú giratória : roue tournante sur une main.
    • Biriba : aú giratória terminé en walkover.
    • Aú twist : demi-tour au milieu, on change de côté.
    • Aú malandro : aú avec coup de la jambe supérieure, en jack-knife, pour punir une cabeçada.
    • Aú batido : coup au-dessus de la tête, une main au sol ; sous-variantes sur le coude, switch, à deux jambes, depuis macaco, depuis giratória.
    • Aú chibata : coup vrillé bas ou jambe haute ; version aérienne sans les mains.
    • Aú sem mão : roue sans les mains, buste vertical pour voir le partenaire ; sous-variantes walkover, switch, confusado jambes groupées.

    À ne pas confondre

    « Aú cortado » désigne selon les sources la roue inclinée ou le coup tombant depuis la bananeira vers le rolê. « Chibata » nomme tantôt l’aú chibata, tantôt la meia-lua solta.

  • Rasteira

    Rasteira

    Comment le faire

    En réponse à un coup circulaire, on descend du côté où va le coup, on glisse le pied tendu derrière la jambe d’appui du partenaire, le plus bas possible, une main au sol et l’autre bras au-dessus de la tête. Quand on sent son talon contre notre pied, on tire : la force vient de l’étirement entre le bras et la jambe, en amenant la main libre au sol au-dessus de la tête, pas de la jambe seule. C’est un « rentrer-tirer », jamais un balayage en arc.

    À quoi il sert dans le jeu

    Facile à faire, difficile à placer : le bon moment est celui où la jambe adverse est en l’air et où le poids est léger sur la jambe d’appui. La rasteira est la contre-attaque naturelle de la meia-lua de compasso et de l’armada.

    Conseils pour débuter

    Ne jamais balayer en arc avec force : cela blesse les deux. Chercher le timing plutôt que la puissance, et rester bas.

    Variantes

    • Rasteira em pé : courte, debout, sans les mains.
    • Rasteira de costas : arrière, jambe tendue, les deux mains au sol.
    • Banda : balayage debout qui sert à placer le pied.
    • Banda de costas : une jambe derrière la sienne et l’on pousse.
    • Banda por dentro : on balaie la jambe intérieure.
    • Corta capim (« coupe-herbe ») : la jambe passe sous le corps et fait le tour, proche du breakdance.

    Illustration : dessin d’archive (source tierce, années 1990).

  • Joelhada

    Joelhada

    Comment le faire

    On monte le genou vers le partenaire, le buste ramassé et les bras devant le visage. En capoeira, la joelhada est presque toujours marquée à distance, sans contact.

    À quoi il sert dans le jeu

    Elle sert à signaler une ouverture, par exemple en sortie de tesoura pour marquer la fin de la projection. Rappel : en capoeira, on montre le coup, on ne blesse pas.

    Conseils pour débuter

    À n’utiliser qu’en démonstration et à distance. Ne jamais la donner en contact.

    Illustration : dessin d’archive (source tierce, années 1990).

  • Chapa

    Chapa

    Comment le faire

    Depuis la ginga, on ramène le pied arrière en parallèle, on tourne un peu le corps de profil, on lève la jambe avant genou plié et on la pousse vers la poitrine du partenaire avec la plante du pied. La jambe se replie avant de revenir au sol. La chapa se fait aussi de dos, en croisant les jambes comme pour la queixada, ou en sortie de rotation.

    À quoi il sert dans le jeu

    C’est un coup de distance qui repousse le partenaire et arrête une entrée. Sa version tournée surprend en sortie d’armada.

    Conseils pour débuter

    Le genou monte d’abord, puis la jambe pousse : c’est ce qui distingue la chapa d’un coup fouetté. Garder le buste de profil et les bras devant.

    Variantes

    • Chapa baixa : basse, au niveau du genou.
    • Chapa giratória (esporão) : tournée, debout ou sautée : on tourne comme pour une armada et l’on pousse en ligne droite en sortie de rotation.
    • Chapa de costas : ruade, mouvement Angola, depuis le rolê, la queda de rins ou le rabo de arraia, à une ou deux jambes.
    • Vôo do morcego : chapa sautée à deux jambes, décrite dans les floreios.

    À ne pas confondre

    La chapa giratória se distingue de la meia-lua solta : la jambe est pliée puis poussée, elle ne fouette pas tendue.

    Illustration : dessin d’archive (source tierce, années 1990).

  • Ponteira

    Ponteira

    Comment le faire

    Le pied part du sol en arc vers le ventre ou la poitrine du partenaire, comme pour envoyer valser une sandale. La jambe se tend au moment de l’impact et l’on frappe avec la base des orteils, pas avec la pointe. Le mouvement demande peu de force et beaucoup d’élan.

    À quoi il sert dans le jeu

    Coup plutôt Regional, rapide et direct. Enchaînement classique : ponteira puis martelo ou chapa tournée sans reposer le pied.

    Conseils pour débuter

    Ne pas en abuser : la ponteira rend le jeu plus agressif. Contrôler la hauteur et la distance, et toujours la montrer sans toucher.

    Illustration : dessin d’archive (source tierce, années 1990).

  • Bênção

    Bênção

    Comment le faire

    On lève le genou, on ramasse le buste comme pour attraper le partenaire, puis on tend la jambe et l’on pousse avec la plante du pied, en travaillant avec les hanches. Ce n’est pas un coup fouetté : on repousse le partenaire, on ne frappe pas. La jambe revient ensuite en ginga.

    À quoi il sert dans le jeu

    Très courante en Regional comme en Angola. Comme le genou monte d’abord, le partenaire ne sait pas si suivra une bênção, un martelo ou autre chose. Elle sert aussi à punir une bananeira ou un aú trop lent.

    Conseils pour débuter

    Pousser avec la hanche, pas seulement avec la jambe, et garder les bras devant le visage. En cours, on montre le coup, on ne le donne pas.

    Variantes

    • Bênção pulada : donnée en fente ou sautée.
    • Bênção depuis queda de quatro ou queda de três : version au sol, jambe poussée vers le partenaire.

    Illustration : dessin d’archive (source tierce, années 1990).

  • Queixada

    Queixada

    Comment le faire

    Depuis la ginga, on tourne légèrement le buste vers l’intérieur pour créer la force centrifuge, les bras prêts à protéger la tête. On lance ensuite le buste dans l’autre sens en croisant la jambe arrière derrière la jambe avant ; l’ancienne jambe avant décolle et décrit un arc de l’intérieur vers l’extérieur, sans effort. On finit dans la position miroir de la position de départ.

    À quoi il sert dans le jeu

    Elle vise la mâchoire, d’où son nom. Sa position d’arrivée permet d’enchaîner une queixada de l’autre côté, une armada ou un martelo sauté : c’est un coup de liaison autant qu’un coup d’attaque.

    Conseils pour débuter

    Ne pas forcer, chercher le flux : le buste entraîne la jambe, pas l’inverse. Le nom se prononce « ké-chada ».

    Variantes

    • Queixada après entrada : précédée d’un pas d’entrée ou d’une esquive.
    • Queixada de frente : donnée directement, sans entrada.

    Illustration : dessin d’archive (source tierce, années 1990).