Étiquette : Angola

  • Histoire de la Capoeira

    Née dans la clandestinité, la capoeira n’a laissé presque aucun document sur sa genèse. La version la plus communément admise est qu’elle est inextricablement afro-brésilienne : pendant l’esclavage, dès le XVIᵉ siècle, les Portugais mélangèrent différentes tribus africaines pour limiter les révoltes. De ce regroupement hétéroclite serait née la première forme de capoeira, association de luttes et de traditions africaines dans le contexte colonial du Brésil.

    Elle exprimait une forme de rébellion contre la société esclavagiste : les premiers capoeiristes cachaient leur art sous l’apparence d’un jeu. Quand les maîtres approchaient, le combat se transformait promptement en danse, déguisé par la musique et les chants. La capoeira fut aussi pratiquée dans les quilombos, refuges d’esclaves en fuite — le plus célèbre, Palmares, résista plus d’un siècle et donna à la résistance sa figure légendaire, Zumbi dos Palmares.

    Mal vue par les autorités, elle fut interdite dès 1890. Il faudra attendre le XXᵉ siècle pour qu’elle sorte de la clandestinité et devienne aujourd’hui l’une des activités les plus pratiquées du Brésil. La Capoeira a été inscrite au patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO en 2014.

    La Capoeira Regional

    Dans les années 1930, Manuel dos Reis Machado — Mestre Bimba — fonde à Salvador de Bahia la première école de capoeira et crée le style dit « Regional ». Il y intègre des éléments de batuque et d’autres arts martiaux, codifie l’enseignement (les fameuses séquences) et travaille à dissocier la capoeira du banditisme. En 1952, une démonstration devant le président Getúlio Vargas contribuera à la faire reconnaître comme un véritable sport national.

    La Capoeira Angola

    À contre-pied, Vicente Ferreira Pastinha — Mestre Pastinha — incarne le courant qui souhaite préserver la capoeira traditionnelle : la « Capoeira Angola », plus lente, rusée et théâtrale, fidèle aux racines africaines. Longtemps éclipsée par la Regional, elle connaît depuis les années 1970 une véritable renaissance, portée notamment par sa diffusion hors du Brésil.

    Deux styles, une même racine

    Angola (Mestre Pastinha) : jeu lent, bas, rusé, ancré dans la tradition.
    Regional (Mestre Bimba) : jeu rapide, debout, athlétique et codifié. Le GECB enseigne la Capoeira Regional Contemporânea.

  • São Bento Pequeno de Angola

    São Bento Pequeno de Angola

    Origine et usage

    Le São Bento Pequeno de Angola est le São Bento Pequeno tel qu’on le joue dans la tradition angoleira : le médio le joue en réponse au gunga, qui tient le toque Angola. De nombreuses rodas angoleiras démarrent sur ce dialogue. Même rythme que la fiche São Bento Pequeno.

    Le rythme

    chi chi tim tom — les deux dernières frappes sont l’inverse d’Angola : l’aigu puis le grave.

    Partition du toque São Bento Pequeno
    Légende des frappes de berimbau

    Légende : ⊗ chi (grésillement) · ○ tom (grave) · × tonsh · ● tim (aigu) · ○○○ dom dom dom (répété)

    Le jeu qui va avec

    Un jeu calme, rusé et au ras du sol, où l’on prend le temps de lire l’autre.

  • São Bento Grande de Angola

    Origine et usage

    Le São Bento Grande de Angola est le toque « ouvert » de la Capoeira Angola, à ne pas confondre avec le São Bento Grande de Mestre Bimba. Il ajoute une note au São Bento Pequeno et fait monter l’énergie de la roda angoleira sans en quitter l’esprit.

    Le rythme

    chi chi tim tom tom

    Partition sans image dédiée : à découper depuis la feuille de rythmes du club.

    Le jeu qui va avec

    Un jeu plus rapide, plus debout et plus expansif que sous Angola, mais qui reste fidèle à l’esthétique de la Capoeira Angola : ruse, théâtralité et attention à l’autre. À compléter par le professeur.

  • Samanga

    Origine et usage

    Samanga (ou Samango) est un toque peu courant, dont l’origine et l’usage varient selon les groupes : certains le rattachent à la tradition de Mestre Bimba, d’autres à la Capoeira Angola. Il figurait dans la liste des rythmes de l’ancien site du club, sans description ni partition.

    Le rythme

    Ce toque ne figure pas sur la feuille de rythmes du club. À compléter par le professeur.

    Le jeu qui va avec

    Un jeu lent et expressif, attentif au dialogue entre les deux joueurs. À compléter par le professeur.

  • Idalina

    Idalina

    Origine et usage

    C’est un toque créé par Mestre Bimba, qui n’a pas eu le temps d’en définir les principes de jeu. Selon la tradition, il porte le nom d’une compagne de Bimba. On l’associe aujourd’hui à un jeu jadis pratiqué pour des affrontements sérieux, au pied ou à la main.

    Le rythme

    chi chi tom tom tim tom tom chi tim
    chi chi tom tom tim tom tom tim tim

    Le toque se joue sur deux mesures qui s’enchaînent.

    Partition du toque Idalina
    Légende des frappes de berimbau

    Légende : ⊗ chi (grésillement) · ○ tom (grave) · × tonsh · ● tim (aigu) · ○○○ dom dom dom (répété)

    Le jeu qui va avec

    Un jeu de vitesse moyenne, plus « joué » que combattu, où l’on garde toujours la garde et la méfiance qui font l’histoire de ce toque.

  • Benguela

    Benguela

    Origine et usage

    Ce toque, écrit aussi Banguela, a lui aussi été créé par Mestre Bimba. On l’utilise en général en début de roda de Regional, ou pour calmer deux joueurs trop violents dans un jeu de São Bento Grande. Il est très pratiqué dans les groupes contemporains.

    Le rythme

    chi chi tom tim tim

    Partition du toque Benguela
    Légende des frappes de berimbau

    Légende : ⊗ chi (grésillement) · ○ tom (grave) · × tonsh · ● tim (aigu) · ○○○ dom dom dom (répété)

    Le jeu qui va avec

    Un jeu plus proche du sol et plus réfléchi que sous São Bento Grande, de vitesse moyenne, fluide et rapproché. Les coups ne sont jamais directs (pas de martelo ni de gancho) : on cherche à développer la malícia, avec des balayages (rasteira, banda) et des prises (vingativa, tesoura, queda).

  • Angola

    Angola

    Origine et usage

    Angola est le rythme de base de la Capoeira Angola, joué par le gunga. C’est un rythme lent, bien appuyé par les atabaques, qui porte en lui une sorte de mélancolie. Dans beaucoup de groupes, y compris Regional et contemporains, il sert aussi à ouvrir la roda : c’est sur ce toque que l’on chante la ladainha et la chula.

    Le rythme

    chi chi tom tim

    Partition du toque Angola
    Légende des frappes de berimbau

    Légende : ⊗ chi (grésillement) · ○ tom (grave) · × tonsh · ● tim (aigu) · ○○○ dom dom dom (répété)

    Le jeu qui va avec

    Un jeu qui se joue surtout au sol, assez fermé, sans acrobaties, où le talent du capoeiriste réside dans ce que les Brésiliens appellent la mandinga : sa ruse, sa malice, sa patience.

    Écouter

    Toque de Angola au berimbau, avec variations. Enregistrement d’Andrew Archibald (2004), domaine public, via Wikimedia Commons.